Chose promise, chose due, voici enfin un aperçu de mon voyage en Syrie!
J'ai fait un récit de voyage assez conséquent (plusieurs pages) que je peux transmettre par mail à ceux qui voudront.
Musique de fond adaptée (bon, le thème célèbre ne vient qu'après l'ouverture tonitruante...)
Tout d'abord, voici notre parcours, en 4 jours pleins (6 en comptant le voyage en avion).
Nous avons passé un jour à Damas, la capitale, pour visiter le musée national, le souk et la grande mosquée des Omeyyades (ainsi que quelques extras: maison particulière et concert de musique de
chambre à la tombée de la nuit dans un palais _véridique!)
La Syrie est un pays laïc, il n'y a pas de conflit religieux. La majorité de la population est musulmane, mais il existe aussi une grande communauté chrétienne (notamment à Alep et à
Lattaquié _ antique Laodicée_ , si j'ai bien compris). Par conséquent on ne vous dira rien si vous n'êtes pas musulman ni si vous portez le short ou la jupe (mais tout dépend des endroits), ou si
vous ne portez pas le voile. Cependant comme tout voyageur avisé et discret le sait, il convient, par respect pour les gens et pour les occidentaux qui suivront, d'éviter de trop montrer ses
jambes, son décolleté, etc. On ne trouve pas non plus beaucoup d'alcool (seulement dans les quartiers chrétiens).
Le président syrien actuel est Bachar el-Assad:
Difficile d'oublier son visage, son portrait est affiché partout: portes, boutiques, aéroport, arrière des voitures... Ici la politique est un sujet délicat pour ne pas dire tabou. On évite de
faire allusion à la situation avec le Liban, à la démocratie, la liberté de la presse, etc. Et ces conseils valent également pour les simples touristes.
Le souk/bazar/en tout cas ça porte bien son nom!:
La grande mosquée des Omeyyades est tout simplement à couper le souffle. Elle est énorme, les mosaïques sont à fond d'or et sublimes; à l'intérieur se trouve le tombeau de saint Jean-Baptiste
(Yahia chez les musulmans) et, non loin, le tombeau du grand Saladin.
Bon, évidemment, pour nous les filles, le tchador est de rigueur (ils en prêtent à l'entrée). Ça ressemble en fait à un moche K-way qui va jusqu'aux pieds. On se croirait en Bretagne!
En Syrie, du moment qu'on a assez d'argent, on peut vivre de façon très agréable. La fontaine dans la petite cour, les arbres, les terrasses, les fleurs et l'iwan (pièce ouverte sur la cour où l'on
peut se reposer et fumer le narguilé) sont de rigueur.
Et version palais, ça donne ça (ici, le harem):
Le deuxième jour (si vous suivez sur la carte), direction Palmyre, ou Tadmor (nom moderne). C'était une cité caravanière à l'époque hellénistique et romaine, comme Doura Europos. Les vestiges sont
donc assez "classiques". Il s'agit d'une oasis, nous avons donc traversé le désert, et oui, c'était trop cool!
Il est temps de tordre le coup à quelques idées reçues (ah! les mauvaises lectures de notre jeunesse!)... Une oasis, ça ne ressemble pas à ça:

mais à ça:
En revanche pour la tenue...
on peut faire dans l'exotique! Le soleil tape si fort que la mini-jupe et le débardeur sont inenvisageables. Et les manches longues largement supportables!
Voici la grande allée de Palmyre et les caveaux funéraires:
Ainsi que le krak (citadelle des Croisés) qui domine le tout (la Syrie a un patrimoine très riche):
Après Palmyre, nous sommes arrivés à Deir ez Zor, ville pétrolière sur les bords du légendaire, mythique fleuve Euphrate!
Nous avons fait un crochet par Mari, vieille de plus de 4000 ans, le lendemain:
ça ne ressemble pas à grand-chose comme ça, mais ce fut à une époque un palais magnifique admiré de tous, y compris de Hammurabi (qui finit par y mettre le feu... tant mieux ça conserve les
peintures, qui sont maintenant au musée du Louvre!)
Ensuite nous sommes repartis vers le nord du pays. C'est beaucoup plus vert, c'est une grande plaine qui s'appelle la DJézireh, le pays a tout à fait le profil méditerranéen avec ses champs
d'oliviers à perte de vue. Et ce qu'on mange ressemble parfois à ce qu'on peut manger en Grèce (beaucoup de crudités, du tzatziki...) Nous sommes arrivés à Alep, la deuxième capitale de Syrie en
quelque sorte. Une ville magnifique où on se sent vraiment bien! C'est là que nous avons fait nos emplettes, au souk: étoles de soie, bijoux de cornaline et de lapis-lazuli, pistaches et
pâtisseries, et bien sûr savon d'alep au kilo! Les gens, au passage, sont charmants et accueillants, même si on est toujours dévisagés!

La citadelle d'Alep; c'était de nuit donc on voit mal; et j'avoue que nous
avons tellement apprécié notre séjour là-bas que je n'avais pas envie de rester collée à mon appareil photo.
Enfin, nous sommes allés sur la côte après un détour par Ebla (Tell Mardikh), près d'Idlib, un site archéologique de la même période que Mari. Sur la côte, nous avons visité les vestiges d'Ougarit,
cité de l'âge du bronze près du Mont Sapon (Djebel el Akra, le Mont Noir), où résiderait le dieu Baal, dieu guerrier de l'orage et de la végétation...
Nous sommes enfin revenus à Damas; c'était court, mais intense! et ça donne surtout envie de revenir pour pouvoir profiter de plus de choses (Alep, les vestiges des Croisés, Tartous...). On a aussi
envie de découvrir les pays alentours: le Liban, la Jordanie... Finalement on connaît mal ces régions, mais elles sont incroyablement riches. Ce ne sont pas de vulgaires "pays de terroristes" comme
on me l'a dit avant que je ne parte.
Il faut toutefois penser à connaître des gens sur place, à bien préparer son voyage et à s'essayer à l'arabe, évidemment... et puis, à voyager intelligemment (mais c'est à l'appréciation de
chacun).
Bientôt, je mettrai les photos de notre séjour à Quiberon, sur l'article correspondant!
Ariane